Le Rock Dans Tous Ses Etats 2003Evreux - Soirée du samedi 28 juin

On avait quitté l'hippodrome la veille sur Song 2, bouillant remix de Blur offert par la patte magique d'Azaxx, brillant aux platines au Banana Club : on le retrouve à nouveau revisité, en cette fin d'après-midi d'un samedi caniculaire, par l'ébouriffante An Pierlé.

Cette jeune artiste belge menue mais au charisme maousse ne joue pas du piano debout mais assise sur une étonnante bulle gonflée au gaz rigolo des salles de Physique, clin d'oeil sans doûte à son nouvel album à paraître en juillet, Helium Sunset.

La charmeuse, aux yeux emplis d'une folie contagieuse, ne mettra guère longtemps à captiver son auditoire, sachant s'écarter sans coup férir de l'ombre tutellaire de Tori Amos, à qui on la compare trop souvent, pour proposer un univers bien à elle, qui ne fait que confirmer l'extraodinaire dynamisme de la scène alternative d'outre Quievrain.

Originaires l'un comme l'autre de Bristol, Tricky et Beth Gibbons, interprètes originels des groupes précurseurs du mouvement trip-hop Massive Attack et Portishead n'ont pour autant pas suivi la même trajectoire.

A la tentation de la radicalité prônée par Tricky, la toujours timide Beth ne réplique qu'en revisitant sagement son magnifique premier opus écrit avec Paul Webb (ex Talk Talk), Out of Season, ouvrant son show, comme le disque, par le magnétique Mysteries, qui fait parcourir un frisson dans la foule.

La suite sera du même velours, et les splendides arrangements offerts par un groupe de premier plan (avec le toujours magique Adrian Utley) ne manqueront que d'un peu de folie, nécessaire à toute performance mémorable : A funny time of year n'atteint pas l'explosivité de sa version studio (manquent malheureusement les cuivres), pas plus que Tom the Model, premier single pourtant accrocheur.

Candy says, jolie ritournelle du Velvet Underground sera revisitée en douceur et permettra à Beth de tranquillement enchaîner sur un dernier morceau qui recueillera, comme les autres, l'assentiment du public français, qu'elle aime tout plein, il va sans dire, comme le montreront son émouvante déclaration finale, et les Kiss, qu'à la manière d'un Didier Wampas, elle vient généreusement délivrer à son auditoire ...

Loin de la sagesse de sa consoeur, Tricky donnait quelques heures auparavant une performance stupéfiante, marqué par un faux départ (Lovecats des Cure) : une sono qui rend l'âme ne laisse généralement rien présager de bon pour la suite, au moins pour les oreilles.

Que nenni ! Marqué par des infrabasses énormes, le son du Tricky kid prend des tonalités résolument rock, et permet d'évaluer la mutation du phénomène. Croisé backstage quelques minutes auparavant, l'artiste, confondant de gentillesse, donne en pature une tout autre facette de sa personnalité sur scène.

On ne saura d'ailleurs que trop rendre grâce aux organisteurs de l'avoir programmé si tôt : loin de la pénombre habituelle de ses shows maladifs, la lumière naturelle qui éclaire la scène en cette fin d'après-midi permet d'apprécier la transe d'apocalypse du brillant songwriter.

Yeux révulsés, faisant face à son pied de micro, Adrian Thaws livre un combat imaginaire contre ses vieux démons : c'est violent, mais ô combien envoûtant. Certains ne cacheront pas leur déception devant ce parti-pris extrêmiste, mais en insuflant une bonne dose de guitares dans ses compositions, Tricky donne un des concerts les plus rock du festival, et sans doûte LA performance du RDTSE 2003.

Aussi violent dans l'approche, le show des cultissimes revenants de Suicide, auteurs dans la fin des années 70 d'un album précurseur, n'atteindra pas les mêmes hauteurs : Martin Rev & Alan Vega ne sont pas là pour se complaire dans la facilité, tant et si bien que leur set effrayant devient très vite une torture, au moins pour les oreilles.

Est-ce dû à leur clavier entêtant, leurs rythmiques syncopées et un chant (?) caverneux vite énervant ?

Toujours est-il que les intermittents du spectacle viennent sonner le glas, au moins temporairement, de la manifestation ébroïcienne : 20 minutes de pause obligatoire pour tout le monde et la possibilité de reposer ses petits tympans, qu'une Ellen Allien, parée d'un t-shirt prémonitoire (Don't laugh !) n'aura pas eu le temps de trop mettre à mal.

Les toujours consensuels Zebda (trop ?) viendront boucler la 20ème édition de l'attachante manifestation, offrant aux quadras et quinquas restés pour l'occasion, les tubes des salles de mariage et autres campings de plage qu'ils attendaient : tout l'hippodrome se trémousse sur Y'a pas d'arrangement ! (spéciale dédicace au Medef !), Tomber la chemise (pas évident au demeurant, vu la température glaciale de la nuit normande !) et Motivés !.

Décidément trop forts, ces toulousains ... Oualalaradime !

Jérôme Crépieux - jerome@foutraque.com


01/06/20 M est sur les routes jusqu'à la fin de l'année 
19/05/20 Alain Bashung est sur les routes 
10/02/20 Détail sur la tournée des Bellrays 
27/11/20 Sélection de concerts Province et Paris 
31/10/20 Les concerts en novembre (Paris et Province) 
24/05/20 Le groupe monte sur les planches, 
14/11/20 Sinclair, notre guitariste funky, est sur les routes 


 

 
 
 Bonjour,

Notre site 'KOSMOS',grouoe rock belge, est enfin visitable et presque terminé...je vous invite à le visiter et à télécharger GRATUITEMENT le cd complet !!!
http://membres.lycos.fr/kosmos2004/
...Nous sommes assoiffés de concerts...

En espérant avoir bien vite de vos nouvelles,
Musicalement vôtre,
Fabienne VDP
02/05/2004 18: