Transmusicales de Rennes 2002 - 2 many dj’s / ESG : destins croisés...Liberté - samedi 7 décembre 2002

On aurait souhaité éviter télescopage si malheureux : Les prestations quasi-simultanées de ESG et de 2 Many Dj’s, programmées samedi soir au Liberté, tenaient ainsi du véritable crève-cœur.

« Exhumées » à la faveur d’un revival bienvenu qui fleure bon la grosse Pomme, les soeurs Scroggings se produisaient en cette soirée de clotûre des Trans pour une date unique en France en face des 2 frangins survoltés des 2 Many Dj’s, précédés d’une hype monumentale.

En somme, une confrontation au sommet entre l’un des groupes les plus samplés à ce jour et le combo actuel le plus habile dans l’art du recyclage, porteur de la vague « bastard pop ».

Et si le vainqueur de cette opposition n’était pas forcément celui que l’on croyait ? 

Trop de dj’s?
Dans les coursives du Liberté, vaste et impersonnelle salle multisports pourtant assez habilement décorée, ne résonne finalement dans les bouches de tout un chacun qu’un sobriquet fantasque, derrière lequel se planquent deux frangins wallons enfouis sur la pochette de leur disque, sans doute pour rajouter au mythe, sous de banals sacs en papier kraft.

Projet parallèle au groupe noisy-pop Soulwax, 2 Many Dj’s, qui tenait plus au départ de la blague de potaches, s’affirme vite comme l’une des galettes les plus jouissives qu’il nous ait été donné d’entendre en cette morne année 2002 …

Si leur pseudo-leitmotiv sonne pour le moins bizarrement comme slogan d’une soirée où se présente toute une clique de dj’s représentatifs d’une certaine idée du mix d’aujourd’hui, quand les frères Dewaele apparaissent sur la vaste scène du Liberté, l'assemblée commence à appréhender avec une certaine justesse la grosse claque qui va s’ensuivre.

3/4000 personnes au bas mot se pressent ainsi fébrilement sur le dance-floor : histoire de boucler la boucle et de rajouter au symbole, ce n’est ni plus ni moins que le maître es-platines Josh Davis, aka Dj Shadow, qui tourne pour débuter sur les platines, end-troducing un des mix les plus décoiffants jamais entendus à ce jour …

Qu’il s’agisse d’un Kurt Cobain surgi d’outre tombe qui vous glace les sangs sur une version improbable de Lithium associée au Rollin’ & Scratchin’ des Daft Punk, du New Order de coûtume (Blue Monday) balancé sans crainte au sortir d’une virée soul salace, les 2 frangins s’autorisent toutes embardées virtuoses, en tutoyant parfois la sortie de route.

Et quitte à enfoncer le clou, terminent sur ce si décalé Amoureux solitaires, comptine sucrée de Lio composée par Elli et Jacno. 

« Eh toi dis-moi que tu m'aimes ! » : au vu du phénoménal plébiscite public final, on en vient quand même à doûter de la nécessité d’une telle interrogation !

Pendant cette savante et orgasmique mise en perspective de plus de 30 ans de musique, les sœurs Scroggings déroulaient sans crier gare un peu plus haut et devant une assistance de connaisseurs une des plus fumeuses performances qu’il nous ait été donné d’apprécier ces derniers temps.

A nouveau éclairées par le biais de rééditions parues sur Soul Jazz et plébiscitées par toute la nouvelle vague de jeunes loups de NYC, les frangines, certes un peu enveloppées, sont à la hauteur du sacrifice consenti en quittant la grande halle où officient parallèlement les selectors foutraques.

Première évidence : The House of jealous Lovers de the Rapture, balancé dans le mix des 2 many dj’s quelques instants auparavant, comme Dance to the underground de Radio 4, présents la veille dans la cité bretonne, sont clairement marqués du sceau ESG.

Cette basse ronde, à l’économie, comme cette batterie fine et lascive, accompagnée ci et là de percussions jamais démonstratives sont sans doute la marque de fabrique de leur funk minimaliste : elles en disposent avec autorité et inspiration, quand Christelle, une des héritières de l’héritage musical maternel, à la guitare, lâche parfois son instrument pour se lancer dans une danse suave, mettant à profit ses formes joliment rebondies.

LA prestation de cette soirée : on ne remerciera jamais assez Jean-Louis Brossard, le programmateur de Trans toujours événementielles, d’avoir convaincu les soeurettes de franchir ainsi le rubicon…  

Jérôme Crépieux – suenospolares@yahoo.fr


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