Guitar Wolf & Cowboys From Outer Space & Jackpot- AbordageEvreux - 30 Novembre 2002

Message d'avertissement :

Chacun d'entre nous est en mesure de vivre les faits qui sont relatés ci-après. Il faut plus que jamais être réactif. En permanence...

1 - La technique d'approche

Pour leur unique date en France, les (très) méconnus Jackpot s'étaient donnés comme objectif de séduire l'abordeur de base.

En entamant leur set par "Norvegian Wood", sublime titre des 4 garçons dans le vent, revisité et hanté par les larsens de Neil Young.

En présentant quelques morceaux, de leur second album "Shiny things", d'un aboutissement incroyable, avec virtuosité et humilité (seule la casquette Nasa du chanteur est à déplorer - la recherche de points délictueux s'avèra éprouvante !).

Lorgnant, par instants, vers la country sans les lourdeurs habituelles du genre et, à d'autres moments, vers la candeur de la pop-psyché, le groupe pointe, en revanche, en permanence vers des hauteurs que seul Grandaddy a pu atteindre récemment. L'ébroïcien d'origine ou d'adoption était conquis.

2 - Le phénomène d'addiction

La soirée s'enfonça ensuite progressivement dans les méandres de la folie furieuse, avec les auteurs du disque du mois dans une récente édition de Rock & Folk.

Les Cowboys From Outer Space pourraient devenir la sensation, dont notre Hexagone avait besoin.

Leur son "chromecranksise"* dans les angles, "crampsoïte" sur les courbes et correspond exactement à ce dont la France (de tous les étages) d'aujourd'hui devrait être abondamment sevrée.

La tenue de scène du chanteur, vêtu d'une sublime chemise pailletée (que ne renierait pas notre Johnny national) est irréprochable. Il capte immédiatement l'attention et, tel un prédicateur, guide méthodiquement le nouveau converti vers des sphères rarement atteintes et indescriptibles.
Littéralement ensorcelé, le spectateur était fin prêt pour la danse du Wolf.

3 - Le monde parallèle

Combien de personnes se sont faites hara-kiri tout au long de la première tournée française de Guitar Wolf ?

Compte-tenu du show délirant délivré à l'Abordage, on pourrait présumer des centaines de victimes consentantes !

Au sein d'un véritable capharnaüm, Guitar, Bass et Drum Wolf, débarqués de leur planète, à minuit sonnante, ont pilonné quelques-uns de leurs tubes dans un délire phénoménal.

Armés de leurs célèbrissimes lunettes de soleil, perfectos et pantalons en cuir, il sont apparus à la lumière au son de "Rocket to Russia".

Hurlant à la louve en furie dès leur entrée, et parsemant la salle des entrailles de l'indispensable houblon, comme pour définir un terrain de chasse, nos 3 nippons ont marqué les esprits définitivement.

Instants vécus auprès de ces kung-fu ramones :

Bass : joue de la 6 cordes avec sa basse, vérifie régulièrement l'effet de sa gomina, exhibe modestement ses tatouages qui dépassent de son marcel blanc, tente la moue à la Elvis et répètera inlassablement "(I can't get no) satisfaction"...

Drum : quitte rapidement le cuir pour exhiber sa frêle carcasse, martele tel un métronome fonctionnant à la Duracell...

Guitar : aime communiquer...à sa manière, roule, sautille, rampe, semble implorer un dieu factice (du rock'n'roll ?) constamment, reçoit de la bière en retour, cède sa guitare à un anonyme qui gratouillera 2 ou 3 riffs, tandis que Guitar fait un tour de la salle porté en triomphe...

Epilogue :

80 minutes d'extase. Concert de l'année.

Samuel Charon - lnorahc@yahoo.fr

www.guitarwolf.net (en VO !)

www.abordage.net

* A se procurer dès la fin de la lecture de cette
chronique :

Chrome Cranks : "Love in exile"
The Cramps : tous les albums
The Ramones : tous les albums


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