Schneider TM - Mr Neveux - M83 / La Maroquinerie - 22 Octobre 2002

En assistant à cette soirée très hype mais que très modérément fréquentée, on aurait aimé faire, de manière assez sardonique, la nique aux milliers de spectateurs accourus en masse ce soir-là applaudir les vaines agitations du Begbeider végétalien, Moby, ce chéri des publicitaires…

Entouré à Bercy des surfaits norvégiens de Royksopp, aperçus il y a quelques temps dans la même salle de la Rue Boyer, pour une performance guère mémorable alors, le messie chauve y donnait en effet un énième concert, dûment sponsorisé, devant une masse de bobos tout ébaubis certainement de tant de prouesses électroniques.

Cela dit, entre les attentes et la dure réalité du terrain, il y a souvent comme un fossé : seule, finalement, une reprise habitée de « There’s a light that never goes out », des Smiths, par le trublion teuton, humiliant le ventripotent Morrissey auteur d’une prestation désolante, il y a peu à l’Olympia, aura justifié un tel déplacement.

« Flashism and not Fascism » : Le slogan déclamé en ouverture, parmi d’autres formules toutes aussi loufoques, par Dirk Dresselhaus, trentenaire teuton qui se cache derrière Schneider TM, résonne opportunément à quelques heures d’une explosive rencontre de football qui, on peut le craindre, hantera davantage la rubrique faits divers que son homologue sportive.

Embelli de projections psychédéliques, le show « data pop » se veut drôle et ludique, expliquant sans doute l’enrôlement à côté du front man d’un sosie du « Robin des Bois » Maurice, accoutré comme ses comparses d’une tenue col mao ample, rappelant entre autres les blouses craintes de tel chirurgien.

Ayant débuté sa carrière au sein d’obscurs groupe indie rock comme les Hip Young Things ou Locust Fudge, la grande gigue de Dresselhaus, toujours à faire le pitre sur scène, ne manque jamais de rappeler son obscur passé au sein de compositions mariant dans un pertinent mélange électronique et pop, avec des boucles échantillonnées marque de fabrique de la scène allemande.

On ne se réclame ainsi pas par hasard de l’héritage des Smiths et autre Velvet Underground : « Reality Check » ou « Frogtoise », louchent avantageusement et sans rougir vers les plate-bandes autrefois piétinées par le combo culte de Manchester mais se voient dépasser sans sourciller par « The Light 3 000 », reprise digitale du « There’s a light that never goes out » , complainte émouvante du Mozz.

Des agitations savamment décalées précédées des performances des lumineux M83, dominant tout le monde de leur lointaine galaxie electronica lo-fi à l’esprit punk et de MR Neveux, trio explosif auteur d’une performance festive, éclatante et jubilatoire, avec des guitares toutes voiles dehors entrelacées à un tintouin électronique : synthés et claviers vintage ont permis au groupe, et ce n’est pas un mince exploit, dans cette foule très coincée, de faire enfin se rapprocher la modeste assemblée de la scène !

Que notre grande gigue de Schneider Tm s’inquiète : la riposte française est prête !

Jérôme Crépieux – suenospolares@yahoo.fr


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