Marianne Faithfull - ODYSSUD, Blagnac (31), Mardi 15 octobre 2002, 21h

Hier soir, j'avais rendez-vous avec un mythe : Marianne Faithfull, célèbre
égérie des sixties, auteur l'an passé d'un album particulièrement réussi,
preuve que la dame savait encore prendre des risques et ne pas se contenter
de ses lauriers fanés.

C'est la petite ville "aérospatiale" de Blagnac qui s'était offert le luxe
de 2 soirées uniques avec l'aide de Jazz sur son 31. Pour moi, c'était la première rencontre avec ODYSSUD, grande salle luxueuse et moderne à l'environnement verdoyant. Son architecture vous accueille de façon princière et vous offre une montée des marches digne du festival de Cannes.

Les invités qui me côtoient sont d'un âge plutôt avancé et se vantent bruyamment d'avoir déjà croisé la belle dans une soirée londonienne il y a quelques années (entre 30 et 40), justifiant ainsi leur venue par le désir de se rappeler à son bon souvenir.

Chers lecteurs, vous l'avez d'ores et déjà compris : cette soirée sera placée sous le signe de la décadence et le rock n'aura que peu de chance de sortir grandi de ce guet-apens.

La salle est comme prévue magnifique, les fauteuils moelleux et le fonds sonore tellement faible que de longues minutes me sont nécessaires avant d'identifier Nick Drake (il est important de ne pas abrutir les fans par un volume trop important). Je tente une percée vers le devant de la scène et m'assure auprès d'un vigile de cette opportunité. Son refus est net et sans
appel: "il est interdit d'utiliser les strpontins, regagnez votre siège". Je
lui rétorque que son attitude professionnelle est inacceptable et qu'il a
intérêt à ne pas m'en coller une sinon j'appelle christophe. Je regagne
sagement ma place.

L'attente est fort agréable, assis, sans fumée de cigarettes, mes voisins sont propres et lavés (pas de voyous en chemise de travail mal repassée et
aux aisselles suspectes). Je commence donc progressivement à m'habituer aux
aisances blagnacaises.

21 h, la lumière s'éteint, le groupe entre en scène (guitare, basse, batterie, clavier) suivi de la dame blonde. Marianne est toute vêtue de noir, longue robe habillée, fines bottines en daim sur talons aiguilles, veste en cuir cintrée : un modèle d'élégance et de raffinement. l'émotion me guette.

La musique démarre, le groupe joue pop-rock de manière tendue, sans fioriture, avec beaucoup d'efficacité, puis la voix s'impose : affreuse, inouïe, magnifique, inaudible, sublime.....

Le morceau est très bon et je me prends à rêver : cette femme a couché avec Keith Richards, incroyable ! (ça y est, j'ai les larmes aux yeux). Le moindre de ses gestes est un modèle de grâce, sa présence scénique est exceptionnelle et elle croasse avec une conviction indiscutable. Elle vit la scène avec un naturel inimitable que ses années de cabaret ont sans aucun doute largement alimenté.

Les titres se succèdent, les couleurs musicales varient, les auteurs les plus brillants s'enchaînent (John Cale, Beck, Billy Corgan, Jarvis Cocker, Tom Waits) face à un public qui entend, pour la plupart,ces noms pour la première fois. Les chansons de "Broken english (1979) sont revisitées par ses accompagnateurs écossais (vraiment très bons) et diffuse leur magie (the ballad of lucy jorda, why d'y a do it, broken english....).

Les interventions de la dame entre les morceaux sont simples et joyeuses. A
la mi-concert, elle se munit d'un porte-cigarette qu'elle nomme "accessoire"
en français dans le texte et se tourne vers ses musiciens à la recherche d'un briquet.

Evidemment 10 briquets se tendent vers elle et une jeune fille lui lance un "I give it to you, Marianne" auquel elle répond en regardant le public droit dans les yeux "once again saved by the audience".

Cette audience lui donnera bien plus au fil du concert puique la salle se lèvera avec ferveur à plusieur reprises et lui offrira même une ovation digne d'une princesse pour saluer le rappel : Blagnac est debout, tout est donc possible en ce bas monde!
22h30, le concert est terminé après avoir parcouru un itinéraire musical très varié, conforme aux goûts et aux influences de Marianne Faithfull tout au long de sa carrière.

Seul regret, l'absence d' "As tears go by" qui s'explique facilement lorsque, de retour au foyer, je place le disque sur la
platine: certains morceaux de musique sont le reflet d'une époque pour son
interprète et ne peuvent plus être joué dans un autre contexte sans friser
le ridicule. Souhaitons que ce modèle de pudeur serve d'exemple à certains
de ses anciens compagnons d'armes.

Sympathy for the DJ - sfdj@foutraque.com


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