Peter Gabriel - Théâtre de la Mutualité - 21 Septembre 2002

A chaque fois ce même et cruel dilemne : comment appréhender avec mesure les sempiternels come-back de ces monstres sacrés du rock, plus que jamais sous les feux de la rampe en cette rentrée (les Bowie, Springsteen, Faithfull, Rolling Stones et consorts…), en évacuant froidement les souvenirs épars, quoique éblouis, qui hantent nos mémoires ?

Ce n’est pourtant pas sans une certaine fébrilité que l’on se rend en ce début d’automne battre le pavé des abords chics de cette salle glaciale, sans âme, qu’est la Mutualité, pour goûter à nouveau, presque dix ans après sa dernière apparition française, aux douces fragrances des shows souvent mémorables de l’ancien frontman de Genesis.

Premier constat : si l’on semble se retrouver au sein d’une assez inattendue secte de quadras et quinquas , étrangement parés pour la plupart de tee-shirts siglés de la mythique tournée « Us » , bien décrépis avec le temps (ndlr : les t-shirts coton, martyrisés une décennie durant par de démoniaques tambours …), l’enthousiasme parait malgré tout retombé (une seule Mutualité contre un Bercy lors de la tournée ‘Us’) et les rangs sont bizarrement clairsemés quand paraît sur scène, comme à l’accoutumée, un artiste de la galaxie RealWorld pour ouvrir les hostilités.

Très impressionné de se voir sous les projecteurs et de quitter ainsi l’anonymat qui certainement constitue son quotidien, le groupe, mené par un leader algérien véritablement intimidé, lachera seulement la bride lors d’un dernier titre mariant héritage oriental et douceurs méditéranéennes à des incursions en territoire latino, bénéficiant de la présence en son sein de deux percussionnistes d’exception originaires d’Amérique du Sud.

Passés ces dispensables agapes, la pression monte d’un cran alors que s’égrènent les minutes nous séparant de l’événement, et la clameur monte sourdement lorsque paraît le nouveau membre de la congrégation Shaolin, sieur Peter Gabriel, qui aura un mal certain, la soirée durant, encombré par un cruel embonpoint, à approcher les virtuosités « kung-fuesques » appréciées au sein du dernier opus azimuté de Stephen Chow.

Engoncé dans une tenue sobre, censée masquer ces rondeurs, il ne quittera en effet que trop rarement ses claviers, fort isolé au mileu de machines sur le côté gauche de la scène, couvant malgré tout de regards protecteurs sa choriste de fille, bien pâlichonne vocalement face à la divine intervenante de la tournée précédente, la touchante Paula Cole.

Enclin à privilégier davantage ses dernières compositions en date (encore que cette expression soit à prendre avec circonspection, quand on connaît l’invraisemblable durée d’enregistrement de « Up »), le Gab’ ne parviendra que trop rarement à toucher l’excellence, bien qu’entouré, comme toujours, de ses fidèles complices, les inexpugnables solistes de troupe que sont Tony Levin et David Rhodes.

Point de Manu Katché cependant dans le casting 2002, et c’est bien dommage : le jeunot Ged Lynch aura bien du mal à toucher derrière les fûts les sommets d’inventivité tutoyés par le grand Manu lors de précédentes joutes, à l’instar d’ailleurs d’une formation bien trop timorée, encore en plein rôdage.

Quelques titres, malgré tout, parviendront à émerger et justifier ainsi, pour partie, une si onéreuse présence (satanée et saugrenue inflation que celle entretenue ces derniers temps par ces si peu scrupuleux tourneurs !) : « Digging in the dirt », seul extrait de « Us », permettra au chantre de la world-music de renouer avec ses légendaires et théâtrales chorégraphies, quand « The Barry Williams Show » en digne successeur de « Steam », qui déclenchait par le passé régulièrement l’hystérie dans les travées, permet au frontman de brûler quelques calories supplémentaires, initiative guère superflue.

« Animal nation », à paraître sur un prochain album, s’affirme vite quant à lui comme un magistral tube en puissance, avant qu’un « Sledgehammer » d’exception ne vienne clore la première partie d’un show quand même marqué, malheureusement, du sceau de l’économie…

Le toujours efficace « In your eyes », s’étirant langoureusement une dizaine de minutes durant, sera l’occasion pour la première partie de venir prêter ses mélopées arabisantes à ce titre très sono mondiale, « Father Son », point d’orgue de la performance, permettant par ailleurs à l’artiste de manifester son émotion devant ces trois générations de Gabriel rassemblées en ce lieu public : outre sa fille Mélanie, apprentie choriste de son état, son père avait ainsi le « privilège » ce soir-là de faire partie de l’assistance et de se voir dédicacer ce morceau, présent sur l'album "Ovo", magistralement accompagné des volutes inspirées de Tony Levin au violoncelle.

On guettera malgré cette légère déception les évolutions futures du show, entraîné sur les routes pour une épuisante et risquée tournée US : un retour plus en adéquation avec le flamboyant passé du bonhomme se profilerait-il ?
On voudrait bien y croire, ne serait-ce qu’un instant…

Jérôme Crépieux – suenospolares@yahoo.fr

Set-list :

Darkness
Red Rain
Growing up
Downside-up
No way out
Mercy street
My head sounds like that
The Barry Williams Show
More than this
Digging in the dirt
Animal nation
Sledgehammer

In your eyes

Father, son


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 j ai assitee 2fois aux concerts de peter gabriel a montreal au mois de novembre et je peu vous dire que c etait une pur merveille je ne l avait jamais vue sur scene avant et cela ma beaucoup inpressionnee j en garde un souvenir memorable sa voix son charme tout etaient present tony levin etles autre etaient parfait surtout melanie gabriel qui nous a charmee avec sa tres belle voix la mise en scene etait a la hauteur de robert lepage le moment ou peter rentre dans la boule transparente pour chanter growing up est spectaculaire il saute et chante en meme tant .... je ne vous en dirais pas plus car je vous laisse la joie d aller le decouvrir lorqu il passera en France ....a bientot Laurence de MONTREAL 03/02/03 04:30
 En lisant ce compte rendu je me suis demandée si j'étais au même concert ?? Moi qui ait vécu (avec d'autres) plus de deux heures (et pas 90 minutes !!) de folie... avec un excellent chanteur (certes enrobé et vieilli, mais ce qui compte, c'est la musique non ?), et un groupe excellent...
Non je n'ais pas compris.
Sachez par ailleurs que ce concert était un WARM-UP c'est à dire en quelque sorte une répétition en public ce qui peut expliquer quelques petites erreurs (mais rien de méchant), et que si c'était une petite salle et pas Bercy, Peter reviendra au mois de mai... à Bercy, avec sa tournée qui a déjà fait un tabac aux Etats Unis...
Alors ! Oui c'était un moment exceptionnel car le retour d'un grand artiste dans des conditions qu'il est très rare d'avoir (petite salle, public très chaud), et il a récidivé en octobre pour un concert gratuit à france inter, dans des conditions encore meilleures.
Alors quand on ne sait pas on s'abstient ;-).

Pascale
08/01/03 15:40