the Montesas & the Stuck Ups - Nouveau CasinoParis - 15 septembre 2002

Programmer un concert le dimanche soir a toujours été périlleux.
Proposer deux soirées avec comme têtes d'affiche respectives les Supersuckers et leurs stetsons à la Boule Noire et the Stuck Ups et the Montesas au Nouveau Casino relève de la métaphysique.

Le don d'ubiquité était indispensable pour être en mesure de se délecter ce 15 septembre 2002 tantôt au nord, tantôt à l'est de Paris.

Comme tout ceci n'est pas encore complètement finalisé, malgré l'évolution des technologies et les progrès permanents des recherches scientifiques, il aura fallu au fan de musiques amplifiées faire un choix hautement basique : soit l'un...soit l'autre.

Seule une quarantaine de personnes avaient tranché radicalement : assister à l'une des premières soirées de la rentrée du Nouca, où se cotoyaient des émissaires de Seattle et des ambassadeurs de la Hesse (Land allemand).

The Stuck Ups, composés d'une chanteuse-guitariste, d'une bassiste et d'un batteur au t-shirt Green River, assènent un punk rock primaire. Ils rendent hommage aux Monkees, en réarrangeant "I'm not your steppin' stone"*, premier groupe à être recruté par casting en 1967, qui interpréta nombre de titres pop devenus désormais des classiques (*ce morceau a aussi été "joué" par les Sex Pistols).

Signés chez Sympathy For The Record Industry et son mentor Long Gone John, le trio, qui a été produit par Billy Childish, mythe de la culture garage avec 1 - thee Mighty Caesars 2 - thee Headcoats et 3 - ses actuels Buff Medways, se révèle plus qu'efficace.
Tandis que son set se termine, il démontre qu'il sait mettre en éveil tous les sens !

Il est désormais assez rare d'entendre parler allemand sur une scène rock.
Une décennie plus tôt, des millions d'européens tentaient de résister aux ballades tueuses des plus redoutables représentants du pays réunifié : Scorpions. Apparemment, ces derniers, qui sont peut-être devenus de vieux sages, ont décidé de se retirer de la circulation, sans que personne ne s'en rende compte et ne les regrette.

The Montesas et son leader, au faciès de crooner gominé qui ne manquera pas de se repeigner entre deux soli, revisitent les sixties, sans à priori.
Alors que chacun des "classiques" joués, semble être une reprise d'un obscur one-hit-singer (l'interprète d'un seul tube - phénomène plus que classique dans le monde cruel de la pathétique variété grand public), on apprendra que la majorité des compositions sont signées par leurs soins.
Tous vêtus à l'identique, (chemise orange - foulard blanc - pantalon cintré - bottines) les Montesas jouent comme s'ils étaient les héros issus du film American Graffiti. Avec un orgue ultra-présent, une guitare Gretsch fluide et rock'n'roll, des voix très harmonieuses...
Il ne restait plus qu'à groover all night long !

samuel charon - lnorahc@yahoo.fr
www.thestuckups.com
www.sympathyrecords.com