VIIIème Festival Internacional de Benicassim (FIB) / Soirée du Dimanche 4 AoûtThe Chemical Brothers - Black Rebel Motorcycle Club - Doves - Air - Suede - Neil Halstead - Dominique a ...

Impossible en cette dernière soirée du FIB de se résoudre à faire l’impasse sur les groupes programmés en début de soirée, malgré la fatigue …

Le cruel dilemme qui assaille tout fiber quotidiennement (plage et / ou groupes prometteurs) ne s’est guère fait jour très longtemps, et les premières tentes sont rejointes très tôt ce dimanche, pour tenter une incursion réparatrice, soit au sein de l’espace lounge du « chill-out », ou mieux encore, en la tente « Laboratorio Linea ADSL », avec ses projections futuristes, ses dj’s à la programmation down-tempo, et ses aficionados du chat et courrier électronique …
Malheur ! Même de bonne heure, la moquette, poufs et coussins de ces havres de paix sont envahis par une foultitude d’épaves humaines, et c’est la mine renfrognée que nous partons à l’aventure humer l’air ambiant…

Juste le temps d’attraper au vol une reprise massacrée des « Smiths » par « Deluxe », de modérément goûter aux saveurs de la scène locale (« La Muneca de Sal » très influencé Mogwai, ou le psychédélisme référencé Pink Floyd de « Carrots »), en se séparant des tickets boissons amassés les jours derniers, que survient, sans crier gare, après un « Haven » très indigeste, une des émotions de la soirée…

Neil Halstead, à l’origine de groupes aussi mythiques que « Slowdive »ou « Mojave 3 », propices à bien des rêveries, et au timbre de velours, sera le préposé de la soirée pour le massage auditif et les escapades vers de lointains espaces paradisiaques … Son folk éthéré, proche des fragrances rencontrées chez Tim Buckley ou Nick Drake, trouve très vite son public, et c’est non sans amertume que l’on voit s’achever un set d’une finesse incomparable…

Tout triste de ne pouvoir être absorbé par le charme évanescent de la divine Dot Allison, en raison de problèmes techniques qui retardent la mise en place, c’est contrit que nous nous rendons vers la grande scène où « dominique a » a l’insigne honneur de déverser ses sombres ritournelles vers un large public.

Et c’est non sans talent que le bougre s’exécute, avec la complicité d’un groupe rendant grâce à ses compositions sur le fil du rasoir, tout en tension et urgence : le mini-tube « Le twenty-two bar », métamorphosé, où le nantais se lance dans une périlleuse vocalise, « Bagatelle » ou le très noisy « La Peau » compteront parmi les multiples réussites du concert.
Chapeau bas l’Artiste!

Sur une toute autre palette, les ricains du « Black Rebel Motorcycle Club », certes moins médiatisés que les « Strokes » mais tout aussi méritants, se présentent devant un public médusé, qui ne réagira , et c’est un comble, que mollement à leurs étourdissantes compositions…Toutes guitares vrombissantes dehors, basse explosive et batterie pachydermique, le trio livre une merveille de set, sous la coulpe des « Jesus and Mary Chain » qui devaient constituer leur bible adolescents. Lumières blanches, jeu de scène réduit à sa plus simple expression, on fond malgré tout avec les interprétations magistrales d’ « Awake », longue complainte psychédélique, ou la furie contagieuse de « Whatever Happened To My Rock 'n' Roll (punk Song) ».
Ces gamins méritaient bien mieux que cet accueil glacial, c’est bien dommage …

Tout auréolés du succès critique de leur dernier en date « The Last broadcast », les « Doves » avaient beaucoup à prouver à Benicassim, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’y seront parvenus que très modérément …
Basse énorme et infernale, bien trop mise en avant dans la balance, fidélité excessive aux arrangements studio, projection des video-clips diffusés en boucle sur MTV2, n’en jetez plus, la coupe est pleine !
Alors que sont projetés sur les énormes écrans géants des images de catastrophes aussi terribles que l’embrasement du Zeppelin «Hindenburg» ou du naufrage du « Lusitania », la prestation des « Doves » offre à ce moment un bien évident parallèle …
C’est le pauvre « dominique a », à qui sera dédié un morceau, de par ses prochaines noces, et qui n’en demandait certainement pas tant, qui a dû en être tout retourné : même l’élégant « There goes the fear » sera massacré, et seuls « Here it comes » ou « Catch the sun », tous deux issus du précédent opus « Lost Souls » seront épargnés par le carnage…

La performance de « Suede », qui enchaîne, sera tout aussi risible et pathétique : malgré la bonne idée qui consistait à confier au public le soin d’orchestrer une partie du track-listing en choisissant 8 titres, Brett Anderson paraît complètement à côté de la plaque, et ne semble plus croire en grand chose…Lui d’ordinaire si glam et sexy, arbore une tenue que ne renierait pas votre prof’ de fitness, et n’arrête jamais ses simagrées et logorrhées, qui n’en font que davantage regretter la performance du groupe il y a 3 ans, encore en pleine gloire…

Les deux titres inédits ne changeront rien à l’affaire, bien au contraire (« Lost in tv » sera récompensé du titre honorifique de plus mauvais morceau entendu lors du FIB !), et malgré le bonheur manifeste de milliers de personnes, tout à la joie de reprendre en cœur les hymnes fédérateurs de la discographie pourtant plus qu’honnête du groupe, on serait ravi de mettre un terme à une telle mascarade …
Seuls « The drowners » ou « Animal Nitrate » émergeront un tant soit peu du cloaque, et l’on laissera le groupe partir cachetonner dans d’autres festivals sans remords (à eux le soin de remplacer « Sigur Ros » à la « Route du rock », par exemple, chose qu’ils n’auraient jamais accepté en d’autres temps …)

La performance des « Chemical Brothers » sera d’un tout autre calibre, et l’on retrouve avec grand plaisir l’impressionnant dispositif technique d’Ed Simmons et Tom Rowlands, qui fait vrombir monstrueusement les enceintes, fort mises à mal il y a trois ans, quand ils n’avaient rien fait de moins que péter les plombs…

« Come with us », implore la sono , et c’est sans se faire prier que la foule immense suit les 2 frères chimiques dans un mix affolant, proposant des enchaînements dantesques, tels « It began in Afrika » / « Out of control », le robotique « Music / Response » lié à « Block Rockin’ Beats » ou bien encore l’hymne des dance-floors «Hey boy, hey girl » associé ce soir à « The test », avec les trémolos marquants de Richard Ashcroft.

Ca dézingue à tout va, les projections psyché associées aux beats apocalyptiques décérèbrent les vaillants participants de la rave officielle, et la moindre accalmie, furieusement guettée pour faire reposer des guiboles sérieusement mises à contribution ne viendra pas…

On en ressort tout meurtri mais le sourire au lèvres, si heureux d’avoir communié en compagnie de milliers de « teufeurs » à la grand-messe techno du festival …

« Air », à qui incombe la lourde tâche de clore les débats de l’« Escenario Verde», s’en sortira sans panache, avec un parti-pris trop ambitieux pour cette grande scène…
« Electronic performers » en introduction, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin aux claviers, disposés de part et d’autre de la scène, encadrant le « Jellyfish » Jason Falkner assurant des lignes de basse magistrales, délivreront un set très psychédélique, aux influences floydiennes marquées, comme sur « Playground love », que l’on jurerait extrait de « Wish you were here ».
Pas chien, le groupe finit par jouer les tubes planétaires « Sexy boy », méthamorphosé par une amorce très folk, et « Kelly watch the stars », à l’origine de la hype « french touch » , et plébiscités par le public, même si « Don’t be light », et sa terrifiante montée sous acide aurait du récolter tous les suffrages…
Point d’orgue d’un festival de toute beauté, la performance des versaillais se serait sans doute mieux prêtée à l’exiguité toute relative de l’ « Escenario fiberfib.com ».

Qui ouvrira le bal l’an prochain ? Les pronostics sont ouverts, mais croyez-moi, nous serons de la fête !

Jérôme Crépieux / suenospolares@yahoo.fr


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 Les chroniques du FIB et de Saint Malo sont excellentes. Félicitations à ce brillant chroniqueur qui se prénomme Mr Crépieux. 22/08/02 22:44