VIIIème Festival Internacional de Benicassim (FIB) / Soirée du Samedi 3 AoûtRadiohead - Primal Scream - Paul Weller - Belle & Sebastian - Super Furry Animals - Rinôçérôse - The Beta Band - Departure Lounge ...

L’on vient de tous horizons, en ce samedi soir sur la terre caillouteuse de la Costa Azahar, pour goûter à la programmation pleine de saveurs de cette deuxième nuit du festival.

Les campings ont un mal certain à faire face à la ferveur incommensurable des fans, les glaciers et liquidateurs de boissons de tout poil sont débordés par la reprise d’activité inhérente au retour du maudit cagnard, qui voit occuper tout point d’ombre, même ridicule, par un fiber, sérieusement mis à mal par la répétition des efforts…

La procession vers la lointaine pampa, lieu des festivités, terminée et un début d’insolation maîtrisé par maints rasades de houblon, et voilà que « Departure Lounge », combo partagé entre les States et la ville « so british » de Brighton, et produit par le « touchy » Kid Loco, révèle ses lumineuses compositions sur l’ « Escenario fiberfib.com », et concourt pour le titre fort relevé de « révélation du festival ».
Marqué par de luxuriantes compositions, illuminées ci et là par l’ajout, qui d’une trompette, qui d’un saxo, avec l’apport nostalgique d’un bon vieil orgue vintage, le répertoire du groupe de Tim Keegan offre un répertoire folk sans aucune fausse note …
Une délicate attention pour des tympans si souvent agressés …

Question déluge sonore, d’ailleurs, « The Beta Band », occupera une place de choix au panthéon final, avec la mention fort disputée de groupe le plus « barré » de l’année …
Outrance de décibels ne rime cependant pas toujours avec bouillie nauséeuse, et ces accortes membres de « L’Internationale Psychédélique » offriront dans des tenues d’apparat du plus bel effet (tenue de cosmonaute fort à propos pour le clavier de l’équipage…), une prestation enthousiasmante, marquée à deux reprises par de mémorables duos à baguettes mouchetées, derrière les fûts, où le jovial frontman du groupe rejoindra son sémillant batteur, pour un apocalyptique final, notamment, de « She’s the One », issu de leur premier opus….

Dès la fin du set, aucune autre alternative possible que de regrouper en quelques minutes les menues préoccupations locales (le fameux triptyque « bocadillo / cervezas / servicios ») et d’aller se caler au beau milieu de la fosse devant la grande scène pour quelques longues heures, histoire de ne pas manquer une miette du fabuleux programme à venir, avec , excusez du peu ! , « Super Furry Animals », « Belle & Sebastian », « Paul Weller », « Primal Scream » et l’insigne honneur pour les montpellierains de « Rinôçérôse » de tirer le feu d’artifice final ….

Peu de gallois à l’affiche cette année, et Gruff Rhys et ses acolytes se feront dès lors un devoir de dignement représenter la nation au poireau. (à défaut d’ailleurs de ce légume très prisé des ménagères, « Macca » maniait avec dextérité la carotte dans le dernier LP en date du groupe, « Rings around the world »…)
Regroupant dans un show multimédia (de très beaux films d’animation viendront étayer leurs interprétations) des titres venus de tous horizons (mentions spéciales au titre éponyme d’ouverture et « The Man don’t give a fuck », extrait du remarquable « Fuzzy Logic »), les « Super Furry » se paieront même le luxe de faire intervenir par écran interposé, en guest star, l’impayable Ozzy Osbourne de « Black sabbath », pour un clin d’œil appuyé aux pittoresques « hardos »…
Malgré tout, un sentiment mitigé flottera au terme de leur prestation, qui tient sans doute à leur volonté sans faille d’être fidèles aux très riches arrangements studio de leurs galettes, et de manquer ainsi d’un poil de folie et d’abrasivité, si nécessaires sur scène …

Ambiance feu de camp et rassemblement « neo baba-cool » pour les «Belle & Sebastian », qui auront bien du mal, dans un set perturbé par moult problèmes techniques à atteindre la grandeur de leur performance de l’an dernier …
L’absence d’Isobel Campbell, partie vers de nouvelles aventures solo, n’est pas étrangère à l’affaire, et ce n’est certes pas sa remplaçante Monica Queen, pleine de bonne volonté mais braillarde sur « Lazy Line Painter Jane » qui nous fera oublier la grâce de sa devancière…
Louchant désespérément vers le « Fleetwood Mac » des années 70, leur performance semble marquer, malheureusement, la fin d’une époque pour ce groupe aux looks d’éternels étudiants accédant aux sunlights…
Stuart Murdoch nous doit bien vite une revanche, et le roboratif « Legal Man », occasion pour nombre midinettes, notamment japonaises (… ?), d’assaillir la scène, en est peut-être un heureux prémisse.

Après un interminable changement de plateau, le « modfather » Paul Weller prend place, et ne parvient qu’à recueillir de modestes acclamations, pour un set assez rock’n’roll, marqué par de belles interventions guitaristiques, et le professionnalisme des musiciens qui l’entourent.
L’ancien mythique leader de « The Jam » joue sans excès un répertoire solide, et se voit lâché sur l’antépénultième titre par la sono, qui n’offre plus alors qu’à nos oreilles les modestes retours scéniques …
Malgré tout, le grand-père de la brit-pop, entouré dans son album à paraître en septembre par de jeunes loups de la scène anglo-saxonne, aura fait montre de tout son talent sur nombre morceaux, notamment issus de son mythique « heavy Soul ».

Nous ne nous attarderons pas sur l’incroyable ferveur suscitée par « Radiohead », évoquée en ces mêmes pages, pour nous concentrer sur l’énigme « Primal Scream ».

« Miss Lucifer », titre « prodigy-esque » martelé hymne du week-end, au même titre que « Whatever happened to my rock’n roll song ? » des BRMC, déclenchait immanquablement ferveur et enthousiasme dans les travées du festival, à chacune de ses multiples diffusions, et il est peu dire que l’apparition de Bobby Gillespie et des siens était attendue…

Cruelle déception ! Le nouveau single, expédié en ouverture, sans passion et avec un son manquant cruellement de nuances ; marquera la tonalité du set : les musicos, à la rancœur sans doute tenace (on se souvient de l’outrage qui leur fut fait il y a 3 ans, avec l’arrêt prématuré, voulu par les organisateurs, de leur performance …) s’en tiendront à honorer seulement leur contrat, et à expédier en 50’ chrono un concert brouillon, prenant seulement de la hauteur sur « Swatiska Eyes » et « Rocks ».
Kevin Shields et Mani ne masquent pas leur ennui tout du long, tandis qu’à l’avant-scène le frontman traîne-savates, certainement éteint par nombres substances, fait, et c’est un euphémisme, dans le minimalisme outré.
Une performance désolante, qui ne nous empêchera pas de nous ruer avec fébrilité sur « Evil Heat », leur nouvel opus …

Question enthousiasme, les montpelliérains de « Rinôçérôse » trouveront peu d’égaux pendant le week-end fibesque : tornades de guitares, basse ronde maniée avec grâce par Patou, incursions de flûtes et autres instruments à vent, associés à des beats house dansants au possible, déclencheront des vivas enthousiastes parmi les nombreux survivants de la soirée, encore là à se trémousser à 5 heures du matin …
Associée à des projections magnifiques et l’intrusion d’une « go-go dancer » en rappel, pour un strip-tease intégral torride, leur performance restera un des moments majeurs du festival, et Jean-Philippe terminera brillamment d’un touchant « Benicassim est dans mon cœur ! (traduction© babelrock) »

A l’année prochaine , nous l’espérons, (Rinôçérose, premiers invités permanents du FIB ?), et effectivement, votre « Music kills me ! »

Jérôme Crépieux / suenospolares@yahoo.fr


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