VIIIème Festival Internacional de Benicassim (FIB) / Soirée du Vendredi 2 AoûtDJ Shadow - The Cure – Muse – Supergrass – Joseph Arthur - I Am Kloot – The Notwist – The Cranes – Nosotrash – The Electric Soft Parade …

Tout ragaillardis par une douce et humide nuit, phénomène météo peu coutumier des plages locales, et tout à la joie de retrouver certains folkloriques occupants du camping des années précédentes, comme ce divin quadra imbibé et enfumé passant sa journée au son d’un obscur « ghetto-blaster » recrachant sans sourciller des heures et des heures durant d’épiques élucubrations « ramonesques », ou d’improbables frangins « carpato-madrido-slaves », c’est d’un pas pressé et fébrile que l’on gagne le centre de nos préoccupations pour les 3 prochains jours à venir, ce vaste complexe musical s’étendant sur une dizaine d’hectares aux portes de la ville, dans cette pampa aride, empierrée et plus que tout poussiéreuse …

A peine le temps d’humer l’atmosphère, de jauger les menus changements intervenus sur le site depuis l’an dernier (l’inversion des chapiteaux fiberfib.com et fib club par exemple, ce qui mine de rien, aura son importance, au moment de calculer la trajectoire idéale pour économiser ses pérégrinations musicales …) , que commence le set des mancuniens d’ « I Am Kloot », auteurs l’an dernier du brillant « Natural History ».

Un son inouï, la justesse des interventions du leader John Bramwell, au timbre de voix si touchant et à la qualité d’écriture manifeste, qui en fait l’un des songwriters les plus doués de sa génération, malgré la noirceur des propos (« this song is about *** and disaster »), des saillies humoristiques du meilleur tonneau (comme lors de la dédicace du nouveau morceau « Monkeys » aux apprentis-chanteurs des dramatiques soirées « Popstars » !) font de la performance du trio le premier grand moment du FIB 2002, qui déchaîne des tonnerres d’applaudissements …

(NDLR : *** : au choix : TV, Love, Work …)

Un niveau qu’atteindront par moments les « Notwist », plombés malgré tout assez régulièrement par un son approximatif, qui ne rend guère grâce à la finesse des arrangements de titres pour la plupart issus de « Neon Golden », transfigurés en live par de cataclysmiques incursions noisy et drum’n’bass, qui tranchent sévèrement avec le look assez austère et convenu du leader Markus Archer, qui terminera un « Pilot » d’envergure par une incursion aux platines, se permettant l’inclusion de samples de sa propre voix dans un mix au combien revigorant !

On hésitera alors à quitter le chapiteau « fiberfib.com » pour gagner la performance d’un des groupes locaux en vogue, les « Nosotrash », quatre damoiselles offrant de bien sucrées ritournelles pop mais bien vite serons-nous ramenés à la raison de suivre la performance des revenants des « Cranes », qui le moins que l’on puisse dire, ne seront pas à la hauteur de leur statut de groupe culte …

Seule l’émotion palpable de la chanteuse Alison Shaw, impliquée ces jours-ci dans l’excitant projet « Trash palace », donnera un semblant d’âme à d’insipides compositions arrangées trip-hop, qui ne laisseront pas un souvenir impérissable de leur passage au FIB ….

A contrario de la performance de Kieran Hebden, tête pensante de « Four Tet », qui livrera un live imparable, magnifié par des projections en arrière-scène qui donnent une grandeur absolue aux compositions de son album « Pause », comme « Calamine », avec cette incroyable enchevêtrement de cordes flamenco, de beat cataclysmique et breaks désarçonnants …

Nous passerons sous silence la performance des décidément têtes à claques frangins de « The Electric Soft Parade », pour ne froisser personne, quand bien même la prétention insoupçonnée de ces lascars leur permet de toucher le ridicule avec d’inutiles digressions psyché offrant au pourtant imparable sur galette « Silent to the dark », le titre envié de plus insupportable titre joué ce soir-là ! Une sacrée gageure …

« Supergrass », malgré toute la sympathie que l’on éprouve pour ces brightoniens d’adoption, n’arrivera pas à prendre bonne mesure de la grande scène, et livrera un set très vite ennuyeux, malgré un départ sur les chapeaux de roue avec « Pumpin’ on your stereo », tant et si bien que l’on abandonnera plein Gaz ces troupes brit-pop pour assister à la performance de l’impayable duo « Miss Kittin’ / The Hacker »

Caroline Hervé et Michel Amato, grenoblois d’origine, qui se cachent sous ces improbables sobriquets, fers de lance du label « International Gigolos » , donnent un set erotico-electro complètement ahurissant, offrant en pâture à des espagnols déchaînés des beats house imparables, fortement connotés 80’s, sur lesquels se trémousse, telle une harpie en furie, la Kittin’, arborant une hallucinante et un poil consternante tenue corbeau, incluant « moonboots» dont elle aura tôt fait de se débarrasser, short informe et bustier pigeonnant, qu’elle n’aura de cesse de remettre en place, de peur de dévoiler son anatomie charnue, donnant à ses pas de danse l’impression parfois risible d’une pintade en phase de décollage …

Question énergie, en revanche, rien à redire, et les « Frank Sinatra », "1982" , "Life on mtv" ou « Sweet dreams », emprunté à Eurythmics, enclenchent une furia peu commune sous le chapiteau, qui commence sérieusement à résonner des cris hystériques d’une foule incrédule et à atteindre un taux d’humidité record, des gouttes commençant à perler du sommet du dôme !

Juste le temps d’aller vider quelques décilitres de cerveza, de goûter à la fin du set d’un Joseph Arthur fort inspiré au milieu de ses machines, que résonnent les hymnes pompiers et grandiloquents de « Muse » sur la grande scène, l’impayable Matthew Bellamy, en maître de cérémonie de cette mascarade symphonico-rock, trônant au beau milieu de l’espace scénique, braillant et gesticulant d’une manière si consternante, que les 2-300 mètres séparant l’ « Escenario Verde » de l’ « Escenario Motorola », où va commencer le set de « DJ Shadow » sont effectués à vitesse grand V, et la suite des événements nous en donnera férocement raison …

Entrant modestement sur scène, le maître es-platines Josh Davis, aka « DJ Shadow », producteur émérite du projet « UNKLE », savant expérimentateur sonique, mixant onctueusement dans des titres d’une furieuse inspiration influences hip-hop, soul, rock, funk, ambient et jazz, se lance dans une touchante introduction, où il fait preuve d’un didactisme et d’une humilité certaine, afin de donner des clés pour comprendre la complexité de ses travaux à venir …

Aux prises avec 4 platines vinyle, un monstrueux enchevêtrement de machines, Shadow offre un mix jouissif, incluant maints extraits de ses deux incontournables galettes « Ent-roducing » et « The private Press », savamment mis en images par un VJ inspiré, faisant méticuleusement correspondre de somptueuses projections avec les saillies soniques du maître …

Une incomparable réussite, dansante à souhait, rehaussée par un son grandiose et l’attention remarquable d’une foule captive …

Sitôt les dernières notes éteintes, prend-on ses jambes à son cou pour rejoindre la grande scène ou l’ « ancien » Robert Smith ressuscite à nouveau « The Cure », s’offrant même le luxe d’occuper pendant quelque 2 heures et demie les planches, profitant de la défection des islandais de « Gus Gus ».

On ne sera à vrai dire jamais totalement en phase avec le parti-pris du groupe, se limitant à jouer sans passion les titres les plus atmosphériques et psychédéliques de son répertoire, notamment issus du dernier opus en date « Bloodflowers » et c’est non sans une pointe d’amertume que l’on quittera le champ au son de « Boys don’t cry », dernier titre du set …

Juste le temps de filer écouter l’impayable Mani jouer les « selectors » de luxe, mixant nombre morceaux du baggy-sound, qu’il incarnait mieux que tout au monde avec les feu « Stone Roses », qu’apparaît la cruelle nécessité de rentrer au camp, histoire de ne rien manquer le lendemain des dantesques performances à n’en pas douter des Radiohead et consorts …

Nuit illuminée de folles projections …

Jérôme Crépieux / suenospolares@yahoo.fr


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 à quand le récit du samedi?
- Belle and sebastian a-t-il à nouveau rassemblé une chorale de petits anges afin d'attendrir le public?
- Bobby gillespie a-t-il à nouveau été frustré par les rigidités organisationnelles du festival ?
- Tom York s'est-il jeté dans la foule pour tenter de toucher david paris ?
- Jérôme crépieux s'est-il baigné dans la piscine backstage en compagnie de christophe basterra?

tant de questions sans réponse

écris vite la suite beau journaliste
10/08/02 17:46