VIIIème Festival Internacional de Benicassim (FIB) - Soirée d’ouverture - Fiesta LoisNada Surf - Telepopmusik - Beachwood Sparks - The Hacker - Los Chicharrons - / 1er Août 2002 – Vélodrome local

Pour cette nouvelle et affolante édition du FIB, les bouillants organisateurs espagnols, décidément jamais a court d´idée pour décontenancer les nombreux habitués du plus excitant des festivals européens, auront convié comme invitée de dernière minute dame pluie, dans ses plus beaux atours, qui aura fait un « set » des plus tonifiants vendredi, au petit jour, désarçonnant les festivaliers plus enclins à remplir leurs sacs à dos de bermudas-treillis ou de bikinis désarmants que de coupe-vent et autres vareuses...

A peine remis d’une nuit déjà événementielle, conviant pour la « Fiesta Lois » au Vélodrome local des groupes de premier plan, tels « Nada Surf », « The Hacker » ou « Telepopmusik », les déjà chancelants fibers n´auront donc pas manqué d’apprécier le tonifiant crachin au sortir de leurs tentes, qui, phénomène local ou pas, semblent pousser cette année comme des champignons en cette « charmante » station de la costa Azahar, fréquentée en temps normal par tout ce que l’Europe compte comme retraités dynamiques et halés...

C’est d’ailleurs peu dire que le contraste est saisissant avec ces gentils touristes en goguette, badigeonnés de protection solaire, arborant dignement chemises à fleurs, shorts vintage et sandales customisées, avec leurs homologues « fiber », piercés de la tête aux pieds, décolorés à qui mieux-mieux et lookés, qui clone de Jarvis Cocker, qui « rriot girl », ou percée remarquable cette année, petits rejetons « goths » du papy Robert Smith, en éternelle tournée d’adieux …

Le patchwork de looks fait d’ailleurs plaisir à voir en ce jeudi soir, alors que tout un chacun va jauger de sa forme du moment en se frottant au premier événement local, à savoir la party du Vélodrome, qui rameute les recalés du festival officiel, tout revanchards de montrer quelle place de choix ils auraient pu occuper sur l’affiche déjà prestigieuse de la manifestation …

Inutile d’ailleurs de s’y presser trop tôt, comme le savent les vieux de la vieille du festival ; le premier groupe à retenir l’attention, sur le coup des 23h30, n’est autre que « Beachwood Sparks », obscure formation de Los Angeles, qui malgré les influences revendiquées, allant de « Gram Parsons » aux « Byrds », a bien du mal à capter l’attention d’un public venu en masse et déjà préoccupé à vider ses bourses pleines d’euros (et oui, le temps des astronomiques « cuentas » en pesetas est bien loin !) dans les nombreux bars disséminés sur le site…

Malgré leur bonne volonté manifeste et l’enthousiasme communicatif de leur excellent batteur, les ricains laisseront sans faire trop de vagues la scène à leurs compatriotes de « Nada Surf », qui, quatre ans après leur enthousiasmant album « The proximity effect », viennent roder sur scène les pépites de leur album à paraître à la rentrée, le déjà furieusement attendu « Let go ».

Avec sa dégaine d’éternel étudiant en mathématiques, Matthew Caws, frontman du groupe « franco-américain » , secondé de son fidèle bassiste Daniel Lorca, qui stupéfie l’auditoire par sa maîtrise parfaite de la langue de Cervantes et du « cow-boy » Ira Elliott aux fûts, en revisitant le répertoire glorieux du groupe, interprétant des hymnes comme « Hyperspace » ou «80 windows » , déclenche moult pogos poussiéreux dans les premiers rangs, qui font déjà montre d’une furieuse envie d’en découdre et acclament tout du long ce « college-rock », venant piétiner sans vergogne les plates-bandes des formations power-pop telles Weezer …

Les nouveaux morceaux comme « Inside of love » ou « Treading water » n’auront d’ailleurs pas à rougir de la comparaison avec leurs glorieux aînés, et c’est le sourire aux lèvres et des fourmis dans les jambes que nous accompagnerons l’éclipse vers les coulisses du combo new-yorkais, qui ne sera pas tombé dans la facilité en jouant « Popular », que certains pourtant réclamaient à corps et à cris …

Juste le temps de recouvrer ses esprits que surgissent les français de « Telepopmusik », entraînés par une diva soul qui se lance sans appréhension dans une intro a-capella, prélude à un déchaînement de boucles electro-pop du meilleur goût, bien supérieures aux versions studio de « Genetic world », qui terrassent bien vite les nombreux afficionados du Vélodrome, et en font les grands vainqueurs à l’applaudimètre de la soirée …

« Da Hoola », avec son phrasé rap, « Breathe », comptine en rotation intensive cet été sur les écrans MTV, rehaussée en live par les lignes de basse torturées de Fabrice Dumont, ancien membre d’ « Autour de Lucie », et les trouvailles échantillonnées de Stephan Haeri et Christophe Hétier, qui balancent sans vergogne samples de « Visage », avec l’indémodable « Fade to Gray », ou « Madonna » - « Music », déclenchent l’hystérie dans les travées, qui resteront en pilotage automatique toute la soirée, avec le mix inventif de « Los Chicharrons », incluant ambiances house, techno, musique noire, rythme latinos et incursions drum’n’bass, ou celui très 80’s de « The Hacker », hélas sans sa frappadingue « Miss Kittin’ », se réservant sans doute pour sa prestation très attendue du lendemain...

Très bonne entrée en matière en tout cas avant le roboratif menu des festivités 2002, mis en place par ces décidément doux-dingues frangins organisateurs …

Jérôme Crépieux / suenospolares@yahoo.fr




 

 
 
 pour avoir longé le vélodrome où se déroulait la fiesta Lois, vous traduisez fort bien l'engouement à ce moment là. 07/08/02 16:13