Le Rock Dans Tous Ses Etats - Evreux28-29 Juin 2002

Vendredi 28 Juin :

Alors que s'égosille la jeune pousse de The Music, qui semble rencontrer des difficultés liées à la mue et à son statut de groupe Anglais du mois, la majorité des festivaliers patiente encore à l'extérieur de l'enceinte, qui accueille la 19ème Edition du "Rock Dans Tous Ses Etats".

La première soirée, complète depuis plusieurs jours en raison de la présence d'une locomotive sponsorisée par Universal & co, s'avéra très éclectique et riche en événements.

Doté de deux scènes, dont la seconde un peu plus petite, le festival proposait de nouveau cette année le Banana Club, voué aux musiques électroniques : pour le moment ce troisième site cherche un peu son public et rares sont les adeptes à se donner corps et âme aux dieux de la House.

Mardi Gras Brass Band, fanfare germanique assez méconnue en France, investissait la grande scène vers 19h00, pour proposer un son digne des meilleures shows de twirling. Certains devaient se souvenir, subrepticement, d'une majorette -avec un zeste de nostalgie- qu'ils admiraient lors des défilés communaux et dont ils étaient secrètement amoureux.

Sur la scène B, enchainait, sans transition, ...And You Will Know Us By The Trail Of Dead. Remplaçant de dernière minute de Thievery Corporation, ce quatuor Texan met la guitare saturée en avant à travers des compositions très dures, qui rappellent par moments le New York Hardcore, mais l'immensité du lieu ne lui sied pas et l'ensemble finit par devenir difficile à suivre.
Paniqués, ils en briseront leurs guitares ! A redécouvrir dans un petit club (pourquoi pas l'Abordage ?).

Joseph Arthur, Américain qui connaît le succès hexagonal mais demeure méconnu dans son propre pays, brandissait ensuite sa guitare électro-acoustique pour égrener ses mélodies "neilyougiennes" extraites notamment de son dernier album "Redemption son" et n'omettait pas de remercier la foule massée au sein de l'hippodrome de Navarre, pour son chaleureux accueil.

Kid Loco diffusait sur la petite scène sa musique de salle d'attente, afin de faire patienter les 10 000 Ebroïciens d'un soir, avant l'arrivée de Tiken Jah Faholy, nouvelle star Ivoirienne du reggae.
Même si ses textes peuvent paraître un brin naïfs, TJF sait de quoi il parle lorsqu'il évoque les difficultés de l'Afrique, à la différence d'un Pierpoljak, par exemple, 100% récupérateur.

Vers 22h45, débutait la prestation la plus remarquable du vendredi : miss Lisa Kekaula et ses acolytes des Bellrays, déjà à Evreux en mars dernier, enchainèrent riffs sur riffs, sans temps morts. Leur répertoire soul-punk est cohérent et l'ensemble des titres joués bénéficia d'une mise en scène minimaliste impressionnante : The Bellrays ont été grands.
Les groupes qui ont clos la soirée devraient s'en inspirer.


Samedi 29 Juin :

Alors que le soleil était à son zénith, Mr Neveux déversait ses sonorités lounge, devant un parterre encore clairsemé.

Evreux étant une ville d'eau à dimension humaine, certains auront fait l'impasse sur les "petits groupes", pour découvrir son histoire ou ses hypermarchés, et aérer leurs t-shirts Slipknot (leader comme l'an dernier au RDTSE, en tant que signe vestimentaire d'appartenance à une "tribu")...

Le groupe surprise annoncé à grands renforts de publicité, est une charmante...découverte. A.M.60, formé récemment, évoque les compositions de feu Porno For Pyros (qui avait à sa tête le pape de l'alternatif US Perry Farrel, fondateur de Jane's Addiction et du Lollapalooza Tour) et la fluidité des titres comme la présence scénique du combo étonne agréablement.

Les inconnus Dirty Three sont spécialisés es-côté obscur de Nick Cave. Bizarrement, ils dédieront leur dernier titre à Dee Dee Ramone - second faux-frère à chuter définitivement, après Joey, l'an dernier. Ce dernier doit se retourner dans sa tombe, en entendant sa reprise de Louis Armstrong, illustrer une publicité de la marque aux chevrons !

A l'heure de l'apéritif, Miossec se présentait sur scène. Une fois sur les planches, il ne sait plus quoi faire : fumer une cigarette, boire une bière, agiter un chiffon rouge, jeter des rouleaux de rubans adhésifs dans le public ou encore massacrer ses plus beaux titres.

Et le pire se produisit : ex-leader d'Atari Teenage Riot, Alec Empire est respecté et sa dernière livraison est supposée être une revisite version électro des 30 dernières années. Mais Alec Empire est surtout un terroriste sonore et nuira à quantité d'oreilles, pendant près de 3/4 d'heure, avec ses hurlements apocalyptiques et ses bpm abracadabrantesques.

Dyonisos allait susciter, en revanche, l'unanimité : ils peuvent flirter, sans complexe, avec le titre de groupe scénique Français (à égalité avec les Wampas).
Mathias, chanteur et leader du groupe de Valence sait tout faire (sauter, plonger, rouler...). Il n'hésitera pas à se jeter à deux reprises dans la foule et la parcourra en simulant une brasse, pour terminer son morceau a cappella juché en haut d'un pylône situé à une cinquantaine de mètres de la scène.
Mathias symbolise à lui seul la vigueur du Rock Dans Tous Ses Etats et son caractère indispensable dans le paysage Français des festivals.

Samuel Charon - lnorahc@yahoo.fr
www.lerockdanstoussesetats.com
www.ouirock.com
www.mcm.net


14/01/03 Trail of Dead, The Breeders et Wire confirmé au prochain ''LA leg of ALL TOMORROW'S PARTIES''