Hawksley Workman - SanseverinoEMB - Sannois / 1er Février 2002

"Back in black" et "Nevermind the kitchen...the
chicken" seront les maîtres-mots de la double affiche proposée par l'Espace Michel Berger (prononcé à l'américaine, dixit Sanseverino, ça fait plus exotique !)de Sannois.

Ce dernier, ex-Voleurs de Poules - le groupe, pas
l'activité nocturne dont sont accusées certaines
populations nomades - est une des révélations de
l'hiver 2001-2002 avec sa guitare manouche, son jeu virtuose et ses références permanentes à l'univers d'Aristide Bruant.

Chacun de ses titres étant une tranche de vie, avec cet étonnant son, qu'on imaginerait volontiers illustrer une comédie de Woody Allen...

Accompagné d'un contrebassiste digne d'un film de
David Lynch avec sa longue crinière grisâtre et d'un second guitariste, Sanseverino n'est pas avare en boutades plus ou moins bien senties.
On ne se demandera pas qu'elle est la part belle
laissée à l'improvisation. Mais il a atteint un sommet en évoquant la thématique d'un de ses morceaux : la rencontre d'un jeune homme et d'une jeune fille à un concert d'AC/DC, reprenant à l'occasion l'introduction de "Back in black".

Dans un autre registre, Hawksley Workman se décidait à fouler les planches de l'EMB avec pour mission : la séduction de l'ensemble de l'auditoire. Il n'eut pas à déployer les grandes manoeuvres. Hawksley est dôté d'une grâce naturelle.

Axant sa play-list sur les compositions de son
magnifique second album "the delicious wolves",
Hawksley varie systématiquement ses prestations. A l'occasion du Festival des Inrockuptibles, il était entouré d'un groupe. Un peu plus tôt dans l'année, il s'était produit seul sur la scène du Café de la Danse.
Ce soir il était guitariste-acteur, aidé par son
fidèle pianiste.

Il évoquait avec causticité au début de son show une observation d'avant-concert où il avait aperçu 3 policiers en tenue - three chickens...- se demandant ce qu'ils faisaient là !

Et le spectacle débuta vraiment - habillé
vraisemblement involontairement comme les membres de "the Hives" (costume noir et cravate blanche) future référence en matière de garage rock -
Hawksley interprète ses oeuvres, avec, certes, des
relents "jeffbuckleyiens" mais une telle touche
personnelle et tant d'envolées lyriques, qu'on ne peut qu'admirer sa prestance et sa force de conviction.

Doté d'un organe vocal avec lequel il peut faire tout ce qu'il désire, et d'une bouche qu'aimerait encore avoir Mick Jagger, notre canadien cumule les compétences : des compositions originales, une
présence scénique indéniable, un jeu très théâtral, un humour à fleur de peau, une réactivité et une complicité remarquable avec le public.

De l'apparence d'un dandy, il peut se transformer sous les yeux charmés des (nouveaux)aficionados, tout en se baladant momentanément en caleçon, en jeune esthète para-militaire, avec son treillis et compléter sa tenue avec une veste en synthétique rouge tigrée...

Un des spectateurs voulant rebondir sur sa remarque sur les policiers et qui avait certainement répété ce qu'il allait dire intérieurement, bafouilla et au lieu de dire "nevermind the chickens" entonna "nevermind the kitchens", ce qui créa l'hilarité et
Workman de réagir instantanément en inventant un
morceau avec ces termes.

Ecrivain à ses heures perdues, "For Isodora" a été
publié au printemps 2001 au Canada, Hawksley Workman est l'Artiste que l'on attendait.

samuel charon - lnorahc@yahoo.fr




 

 
 
 J'aimerais que vous continuiez à donner des infos sur hawksley régulièrement, il va tres vite devenir une référence pour pas mal de monde ! 27/07/02 18:16