La Route du Rock - XIème Edition - 10/11/12 Août 2001 - Fort de Saint-Père

Le Fort de Saint-Père : ses remparts, ses chèvres et ses cochons de payants de festivaliers.

Pour cette XI ème édition de la Route, toute de bric et de broc, les organisateurs auront pour le moins offert un accueil indigne pour une manifestation qui se veut d’envergure.

Conditions sanitaires précaires, entre des douches collectives glacées (une méthode pour faire connaître à des jeunes gens privés de service national de telles joies ?) au misérable nombre de 2*6 (garçons et filles) pour les quelques 3000 festivaliers présents sur le site, et des toilettes que ne renieraient pas nos arrières grands-parents, eux qui avaient l’habitude d’aller se soulager au fond du jardin dans le cabanon en bois familial (seule différence notable : l’apparition du plastique pour enrober le tout)
Dealers agressifs omniprésents sur le chemin menant du parking au Fort, navettes en sous-nombre, interdisant de se faire trop fréquemment le triptyque plage-bar-concert, des jeunots manifestement plus préoccupés à gober des tonneaux de chouchen ou autres boissons locales (la 16 tiédasse, la Kro éventée) et à s’époumoner en pleine nuit sur les tentes que de la qualité de l’affiche, le tableau est bien sombre, et ce ne sont guère les performances mollassonnes des artistes qui feront contrepoids.

Seuls moments de frénésie sur les trois jours : un capitaine Jarvis revenu des limbes offrant avec ses corsaires de Pulp un set sans temps mort, mettant le public dans sa poche en un tour de main, en maniant la langue de Voltaire avec maladresse et en faisant preuve d’un humour anglais dévastateur (« this song is dedicated … to me !). Resserré sur les meilleurs titres de « This is Hardcore », leur dernier opus en date, sur les quelques succès qui ont jalonné une carrière en dents de scie et de nouveaux titres pour un album à paraître en Octobre, la prestation aura connu un franc succès et permis d’oublier la déception ressentie à Benicassim.

Autre moment de félicité, et découverte, la prestation des marseillais de Troublemakers, pour lesquels, on se ruera, si ce n’est déjà fait, chez son disquaire préféré pour acheter leur premier opus Doubts & Convictions paru chez le mythique label house de Chicago Guidance. Samples savoureux (du grand BHL en ouverture de Get Misunderstood, …), rythmes ouateux, jonglant entre drum’n bass du meilleur tonneau et accélérations bien senties offrant au festivalier de la dernière heure l’occasion de se remuer le popotin à bon escient, et d’oublier les sets prétentieux, foutraques et « mous du genou » des Superheroes et autres Avalanches.
Ces derniers, au cœur d’une hype savamment entretenue, n’auront fait illusion que dix minutes, le temps de matraquer la foule d’une performance aux platines des plus ébouriffantes, leur permettant de passer dans l’intervalle quelques 40 galettes, et de justifier leur entrée au Guinness Book pour tant de dextérité.

A contrario, leur live au combien approximatif et braillard n’aura pas permis d’oublier les extravagances des écossais de Mogwai, groupe leader au nombre de tee-shirts portés sur le site (finement ornés d’un « blur are shite », pour donner une idée du niveau des gaillards), des décibels développés (et ce faisant du nombre d’oreilles volontairement bouchées) et certainement du nombre de litres de bière tombés en coulisse : cela vire au cauchemar très rapidement, et l’on cherche en vain la moindre trame mélodique dans des morceaux s’étalant au delà du raisonnable.
Une déception, certainement, et pourtant le plébiscite du week-end : t’as vu les Mogwai, comme ils déchirent ? (dixit les jeunots parés de tenues Pearl Jam …)

On leur préférera sans nul doute des artistes authentiques de la trempe d’un Tom Mc Rae, au timbre de voix si bouleversant, qui justifiera largement tout le bien que l’on peut penser de son premier album pourtant si noir, rêche et vénéneux.
Même jugement et même émotion pour les vocalises atmosphériques d’Alison Goldfrapp, qui malgré un contexte qui sied mal aux chansons de Felt Mountain, que l’on apprécierait mieux dans un cabaret enfumé, saura émerveiller et faire frissonner la foule sur des airs déjà intemporels.

Reste l’énigme Tiersen : comment concilier désormais une popularité grandissante, surfer sur la vague Amélie Poulain et ne pas se briser sur les récifs de la côte sauvage ?

Réponse : en emballant dès les premières mesures un public venu goulûment goûter les dernières compositions du seul artiste du crû et habitué du festival, dans une nuit merveilleusement étoilée, généreusement pourvue d’étoiles filantes, à travers les airs désormais familiers de ses quelques albums studio : émotion, frisson, des couples se forment. Recrudescence attendue dans les maternités d’Amélie, Nino et autres Yann. Voire Dominique, le nantais qui signe ses disques d’un A qui veut dire Ané, venu pour la xième fois cette année pousser la chansonnette sur les airs de son collègue, et permettre de pallier les absences vocales du Tiersen à la voix si fluette.

Quant aux découvertes attendues, que ce soient les texans de Lift to Expérience, véritablement impliqués dans le festival (on verra la pittoresque silhouette du cow-boy Josh "Buck" Pearson hanter les 2 premières soirées), les I am kloot, Lali Puna (le disque de chevet actuel de Thom Yorke, dixit le programme) et autres m83, pour diverses raisons (plage, galettes bretonnes, embouteillages invraisemblables, programmation en yo-yo, le jeu favori des festivaliers étant de découvrir qui passe et à quelle heure …), il ne nous sera pas permis de nous en faire une idée précise.

La fréquentation, quant à elle, apparemment satisfaisante (plus de 20000 entrées payantes sur les 3 jours), masque avantageusement le fiasco qu’aurait pû connaître le festival sans la présence le samedi de Muse : ce n’est point un Frank Black de plus en plus ventripotent, qui n’a manifestement plus rien de bien consistant à offrir à un public seulement venu réécouter les fameux titres des Pixies qui aura attiré les 12000 spectateurs de la soirée.

Mais bien le contesté trio de l’agaçant Matthew Bellamy, cette fois-ci teint en rouge, qui n’a pas son pareil pour minauder et pleurnicher sur le vacarme ourdi par ses accolytes : rock pompier, souvent, mais parfois, quand même, de bons titres, la plupart issus de leur multi-platiné album Showbiz. Et pour couronner le tout, des dizaines de ballons déversés sur les ados pré-pubères en folie, une vraie-fausse altercation entre les membres de la section rythmique et des instruments massacrés : la rebellion, désormais ça s’achète …

Reste désormais une interrogation pour les organisateurs, pressés de répondre à l’enthousiasme de bénévoles souriants, et certainement les seuls à la hauteur : quelle orientation prendre sans se compromettre dans des choix artistiques critiquables, tout en attirant une foule des grands soirs, pour ne pas mettre en péril les finances de l’association Rock Tympans qui organise les festivités ? Et surtout comment effectuer la mue nécessaire du festival (une deuxième scène, des nuits électro … ?) tout en offrant des conditions d’accueil dignes ?

Quelques nuits blanches en perspective …

jc / suenospolares@yahoo.fr


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 A propos de la 11ème édition de la Route du Rock,j'ai participé au festival en tant que bénévole et ce que l'on ne sait pas c'est que l'organisateur habituel n'était pas présent sur le site cette année et a tout délégué à une certaine Chloé(que personne ne connait bien entendu)qui n'a été prévenue que 2 jours avant le début des festivités:comptez 360 bénévoles + les personnes payées(régie,parking...)et vous comprendrez alors qu'il existe un large fossé entre l'organisation d'un concert et celle d'un festival(Chloé s'occupant normalement de salles et étant seulement une des organisatrices de la rdr).Je la félicite réellement car il n'y a eu aucun problème pour les bénévoles et tout c'est plutot bien passé malgré la présence des dealers autour du site. 17/08/01 15:24