Benicassim 2001 - Suite et fin

Benicassim, 07h30, au matin du dernier jour.

Hagards, hébétés par ces nuits sans sommeil et leurs excès en tous genres, les derniers survivants continuent à se trémousser de manière compulsive sous les derniers espaces encore non livrés à la folie destructrice des premiers ouvriers.

La grande Scène, quittée quelques heures plus tôt par les Men from OuterSpace d’Orbital, que l’on jurerait extraits d’un quelconque nanar de série Z, avec leurs masques fluorescents longue portée et leurs projections multicolores en fond, a déjà perdu de sa superbe.

La zone, déjà close, est un amas de détritus en tous genres, et certainement un long chantier de plus à gérer pour le staff.

Triste épilogue pour une soirée encore une fois de plus jouissive, démarrée sous le folk atmosphérique et suave au possible des cultissimes Red House Painters, qui ont réussi à attirer sous la tente fiberfib.com une kyrielle de fans transis, qui laisseront transparaitre leur émotion tout du long.

Même sentiment de plénitude pour la prestation « boisée » et légérement teintée de blues du grand revenant Alex Chilton ; qui offre en compagnie des décidément infatigables Posies un set roboratif et vivifiant : Big Star est bel et bien vivant, et cette reformation un mini-événement. Un vrai régal.

Il est 00h30 et des broutilles quand la divine PJ Harvey, fait son apparition sur scène : parée de ses plus beaux atours, moulée dans une jupe ultra courte en vinyle, seyante à souhait, et d’un bustier affriolant, elle estomaque jusqu’au dernier rang , même ceux occupés à siroter on the rocks leur x-ième litro de cerveza de la soirée.
D’entrée, tout est d’une limpidité inouie : on tient là sans conteste LA prestation du festival.
La sirène du Dorset s’empare avec grâce de sa guitare et commence son show : son timbre reconnaissable entre mille, son répertoire sans fausse note (seul un Down by the water dispensable …) , ses poses lascives, sa manière ultra-sensuelle de se balancer et remettre en place ses cheveux, d'ourler des regards de biche apeurée et volontaire à la fois, tout concourt à ce que le moment soit impérissable et soit encore au centre des discussions dans trente ans, quand le festival aura mué en on ne sait quel événement multimedia technoide.
Frisson du festival, que dis-je de l’année ( … ?), quand Polly Jean s’offre brute au public, sans artifice, et livre une version de Rid of Me stratosphérique.
55 minutes intenses, de celles qui justifient votre présence au festival.

On ne pourra malheureusement pas en dire autant du show de Jarvis Cocker et des siens. Certes, celà commence sous les meilleurs auspices : on nous sert une version de Common People à vous en réveiller les morts, continue sur la lancée avec un Underwear de fort bonne facture ; et dès lors, celà commence vraiment à tourner au vinaigre. Le Jarvis a beau faire de son mieux, faire son grand pantin dégingandé à souhait, pour un pantomime du plus bel effet, la mayonnaise ne prend pas. La faute à quoi ? Un répertoire déséquilibré, offrant en pâture à un public festival en attente de tubes trop de nouvelles chansons, qui font se dégonfler la baudruche Pulp bien trop rapidement. Sentiment bizarre d’être passé à côté d’un gros truc.

Les britons étaient manifestement trop attendus (on ne parlait que d’eux ou presque dans la gazette du FIB depuis le début) et dès lors, le public va guetter comme le messie le set de Orbital qui va transformer le site en sorte de pas de tir pour leur bonne grosse fusée techno.
Ca s’agite énormément sur scène, un beat affolant s’abat sur des festivaliers conquis qui n’en demandaient peut être finalement pas tant, si bien que la sono connait ses premiers ratés : voilà que l’on nous refait le coup des Chemical il y a deux ans, quand cette satanée technique avait pourri le set des Brothers in Sound. Fort heureusement, la coupure n’est que passagère et permet d’éviter les lazzis d’un public exigeant qui a sorti par le passé les plumes et le goudron pour bien moins.


Un peu plus tard, Jarvis Cocker, épaulé par son accolyte de Pulp Steve McKay, essaie de sauver la mise et ce faisant sa réputation de mec à la cool en proposant un set dj lui-aussi férocement attendu : ça vire à la fête à neu-neu quand les fans n’ont qu’un seule idée en tête : s’approcher du podium pour se faire la photo avec en fond le frontman de Pulp. Et celà tourne au pathétique, voire au cauchemar, quand l’autre escogriffe balance un Muse que l’on serait plus en droit d’attendre au camping les flots bleus de Palavas les Flots…

Foin de tous ces enfantillages pop, cette dernière nuit sera férocement électronique ou ne sera point ; Kevin Yost et le label Playhouse, venu en force, se chargeront tant bien que mal de canaliser l’énergie débordante des plus téméraires.

Pour les autres, la tente Retina 01 offre le cadre idéal pour décompresser un chouia des extravagances extérieures : allongé sur une moquette sérieusement décrépite avec le temps, elle offre des projections abstraites de vj’s d’avant-garde sous une musique très ambient / new-age et il s’en faudra d’ailleurs de peu (une foule en folie à quelques mètres de là) pour que ce soit là le dernier point d’ancrage du festival, et l’occasion de s’en faire déloger à coups de pieds au derrière par un vigile zélé …

… Le soleil s’est déjà levé depuis de longues minutes, le camping est encore loin, la châleur déjà suffocante, des processions de festivaliers remontent les ruelles sans âme de la cité ; sur le chemin, reviennent déjà les images fortes des derniers jours, et monte sournoisement la volonté farouche de reposer sa tente l’an prochain dans les parages.
Sera-t-on pour autant physiquement suffisamment affûté pour tenir la distance, telle est la seule et unique question …
Ce sont les collègues qui vont être contents …

jc / suenospolares@yahoo.fr


01/04/04 Oasis confirmé au prochain Glastonbury 
31/03/04 Muse débarque aux States 
30/03/04 Un nouvel album de PJ Harvey en mai 
26/03/04 La guitariste de Ash enregistre son premier album solo 
18/03/04 PJ Harvey rejoint le festival ''T In The Park'', 
20/02/04 Big Star est de retour ! 
16/02/04 MUSE revient en concert!!! (MCM)
18/12/03 Muse confirmé au ''T In The Park'' 
30/10/03 Programme du House of Live en novembre 
10/10/03 Muse et Elbow partent en tournée ensemble