Benicassim 2001 - 2eme Partie

Benicassim / 3ème jour.

Same business as usual ...

La nuit a été courte, trop courte; la soirée, dantesque, sans temps mort, s'est achevée au petit matin...

Le camping ressemble de plus en plus à une décharge à ciel ouvert; jamais la queue ne nous a paru aussi insupportable pour aller prendre une douche évidemment glacée. Le trajet vers la plage pourtant proche est un véritable chemin de croix ...

Et pourtant des sensations de ce type, assez bizarrement, on en redemanderait, ou presque.

Imaginez une soirée qui débute sous les coups de butoir d'Experience, le nouveau combo de Michael Cloup, ex Diabologum. Concert traumatisant, d'une justesse rare : pour ceux qui aiment le jazz, et pas seulement, loin s'en faut.

La délégation française est aux anges, et reste sur son petit nuage avec le passage de la belle Francoiz Breut, toujours fidèlement secondée de son ex-compagnon Dominique A, qui livrent une performance sur le fil du rasoir, toute de tension et de grâce mélée. Du grand art...

S'ensuit l'événement du festival, à n'en pas douter : l'apparition de Stuart Murdoch et sa clique, qui ouvrent leur set par un "Le Pastie de la Bourgeoisie" du plus bel effet.
Le son est d'une précision inouie, la salle une étuve, et les Belle et Sebastian sont manifestement ravis d'être devant un public aussi réceptif.
Isobel, en poupée de son lookee Shaggy, porte une robe Bob Dylan "incredible", et renforce encore la magie de l'instant. Les orchestrations, assez fidèles aux arrangements studio, sont magnifiées par ce grand ensemble de 11 musiciens, englobant cuivres, cordes et moult guitares.

Le show donne la part belle aux EP, à quelques titres piochés dans les 3 albums officiels du groupe et à de nouvelles compositions.
On ressort lessivé du chapiteau, conscients d'avoir passé un moment unique.

La performance de Goldfrapp, dans la foulée ou presque, ne parviendra pas à atteindre de telles cimes, meme si celles de Felt Mountain, leur seul disque à ce jour, atteignent d'assez conséquentes hauteurs...
Alison, joue sa diva glamour et chante divinement bien, transformant et transfigurant sa voix cristalline à loisir à travers la myriade de micros présents devant elle : le moment est magique et, par cette belle nuit etoilée, nous imisce totalement dans un film imaginaire dont le groupe signerait la bande-son idéale ...

La descente est terrible : les lascars de Mogwai font leur apparition sur scène, et rien ne sera plus tout à fait comme avant. Le bitume commence à fondre, les tympans saignent sous les riffs acérés de ces hooligans écossais. Leurs compositons exclusivement instrumentales, définies comme post-rock, n'offrent quasimment pas de plage de répit; et pourtant l'on tient là une des performances majeures du festival, même si peu de monde semble en avoir conscience ...

Juste le temps de se prodiguer quelques soins que Mercury Rev déboule pour offrir une performance élégiaque: les meilleurs titres de Deserter's Songs s'enchainent avec grâce, Jonathan Donahue n' a jamais aussi bien chanté, et les nouveaux titres présentés laissent présager un album du même accabit que son précédent.

Pour sûr, la pop fm de Manic Street Preachers ne pourra en aucun point rivaliser avec un tel groupe. Pourtant, au sortir d'une performance concentrée sur les multiples hits d'une carrière finalement riche, on reconnait s'être surpris à danser et reprendre en chœur leurs hymnes. Pas si mal donc ...

S'ensuit le set remuant au possible des mancuniens de Stereo Mc's : entouré de divas soul, le frontman harrangue la foule et réussit en un tour de main à remuer l'ensemble du champ, pourtant retombé dans une douce léthargie, après un retard du à quelques problèmes matériels. Sans nouvelle du groupe depuis quelques années, ce concert aura permis de remettre les choses au clair : connected ?

Ambiance encore plus extrême du côté de la tente électro, ou Etienne de Crécy réussit à battre à plate couture le surfait Fatboy slim : France 1 - Angleterre 0.
Les espagnols sont aux anges, les plus intrépides quasimment sur le faîte du toit, et la performance ne connait aucun temps mort. La french touch, omnipresente dans tous les sets dj's, y compris dans celui de Jay-Jay Johansson, assez different de ses performances habituelles, fait encore des ravages ...

Après quelques menues haltes dans les divers chapiteaux, qui dégueulent sans temps mort leurs décibels; nous voici de passage au chill out, seul havre de paix climatisé du festival, et coin repos pour tout "fiber" chancelant.

C'est alors pour tout festivalier saturé de sons le temps de regagner le campement et sa guirlande d'occupants bizarres, un duo folklorique "kazakho-valenciano-carpatien" détenant la palme de l'étrangeté.

Sommeil réparateur avant les dernières tueries programmées : la divine sirène du Dorset va hanter de toute son aura cette dernière nuit ...

Jarvis Cocker saura à coup sur causer bien des tourments vestimentaires aux nombreux clones qui peuplent le festival...

Mais ceci est une autre histoire ...

jc / suenospolares@yahoo.fr


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