Zend Avesta - Café de la Danse

A en croire les vecteurs habituels de la « branchitude » parisienne (on les reconnaîtra aisément), on tenait enfin, après la désillusion Radiohead, l’événement de cette rentrée scénique, avec la prestation de Zend Avesta au Café de la danse.
Seulement, entre une « hype » savamment entretenue et la réalité du terrain, il y a un gouffre, et l’on se rendit rapidement compte de la prétention excessive de la démarche...

Un quatuor à cordes, caution pseudo-intellectualiste, ouvrit le « bal », avec une « création » (sic) du bassiste du groupe, digne des compositions au kilomètre orchestrées par le tâcheron des b.o.f. John Barry, enchaînée sur la huitième de Chostakovich.
Passées les premières minutes, un brouhaha perceptible s’élevait de la foule : on ne bouleverse pas impunément les habitudes du public « rock », et les musiciens en firent ainsi l’amère expérience…
Après ce hors d’œuvre, place à la révélation, ou décrétée comme telle, de la nouvelle scène française, auteur avec « Organique » d ‘un album unanimement plébiscité par la critique.
Pourtant, comme souvent en pareille circonstance, la transcription de « l’ œuvre » pour la scène, qui s’avérait délicate, ne convainc pas vraiment : on est ébaubi par la nonchalance de Pascal Rebotini, « cerveau » de la formation, modestement affairé à vaguement tripatouiller, entre deux baîllements, quelques ridicules boutons déclencheurs de boucles pré-enregistrées (on cherchera en vain, et c’est un comble, la justification de sa présence sur scène…).
Malgré tout le talent de ses musiciens, du sex-appeal de la revenante Mona Soyoc, ex chanteuse du groupe new-wave des eighties Kas Product, tout cela semblait bien vain, et ce ne sont point les quelques bribes de dialogue susurrés par un « Zend » d’une morgue déplacée qui viendront ajouter un tant soit peu de châleur à des compos désespérément trop sages.
Seul le rappel, déjà précédemment exécuté (le bougre n’aurait-il donc que 11 morceaux ?), décollera vraiment, mais on aura droit ce soir-là, au minimum syndical , soixante minutes et puis s’en va…

Sans la roublardise manifeste de sa maison de disques, on aura donc du mal à envisager un avenir scénique à cette formation, et cette prestigieuse date claironnée à hue et à dia sonne un peu trop comme un cruel chant du cygne…
Espérons en celà que l’avenir nous porte tort…

jc / suenospolares@yahoo.fr